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Et pendant ce temps, la vie continue par baudelairec2000 2017-12-06 22:44:19 Imprimer Imprimer

Johnny a volé la vedette à saint Nicolas; que voulez-vous, notre société a les saints qu'elle peut avoir...

Je vous prie de m'excuser si je n'entre pas dans le concert des lamentations qui accompagnent, jusque dans les medias de la Réinformation, la disparition d'un prétendu monument de la culture francophone.

Culture justement: savez-vous qu'un certain nombre d'ouvrages intéressants, voire indispensables, sont parus ces derniers temps?

Sur le jansénisme, rappelons l'ouvrage de Monique Cottret, L'Histoire du jansénisme (Ed. Perrin, 2106) ou comment un courant de pensée sur la question de la grâce, se rattachant à saint Augustin, devient une hérésie, suite aux interventions malheureuses de Richelieu qui donne l'ordre d'enfermer Saint-Cyran à Vincennes et en fait ainsi un martyr; on ne doit pas non plus oublier dans cette affaire le rôle de Louis XIV auprès du Saint-Siège pour faire condamner le "jansénisme" - le nombre de bulles en provenance de Rome est inimaginable, il doit y avoir, si je me rappelle bien, un article de Pierre Blet sur la question dans le Dictionnaire du Grand Siècle - sans compter les actions des Jésuites que Pascal n'eut pas grand mal à ridiculiser. Les Jésuites, au XVIIIe siècle, seront les victimes d'une vaste coalition regroupant les Gallicans, les Jansénistes et les grands esprits des Lumières. Il faut dire qu'ils l'ont bien cherché.

Jansénisme toujours, avec Port-Royal: un ouvrage de Philippe Luez, intitulé Port Royal et le jansénisme. Des religieuse face à l'absolutisme (Ed. Belin).

L'intervention de Rome, qui aurait dû être définitive, fait l'objet d'un livre intéressant, La grande affaire : les évêques de France face à l'Unigenitus, ouvrage d'Olivier Andurand, préfacé par Monique Cottret (Presses Universitaires de Rennes, prix raisonnable).

Extrait de la quatrième de couverture:

"Ce fut bien une grande affaire que la réception de la bulle Unigenitus, et s'attacher aux positions et réactions des évêques français en ces circonstances constitue un point de vue original qui s'intéresse à des personnalités maltraitées par l'historiographie traditionnelle. Ces prélats sont incontestablement de bons administrateurs en ce temps de troubles. Ils sont essentiellement rigoristes, gallicans et prudents pour la plupart, même si les Nouvelles ecclésiastiques viennent donner un relief particulier aux idées extrêmes de quelques-uns. Le jansénisme et la Bulle ne sont plus qu'un prétexte à une réflexion sur les rapports entre l'Église et l'État. Faut-il accepter la Constitution parce que le roi le veut ou la refuser pour protéger les libertés gallicanes mises en cause par Rome ? C'est tout le paradoxe d'un épisode riche d'ambiguïtés et de contradictions, aux enjeux théologico-politiques d'une terrible complexité. Ces pages invitent à une relecture de la grande querelle qui a bouleversé l'Église de France dans la première moitié du XVIIIe siècle. Elles se proposent de guider le lecteur dans les inextricables débats qui ont agité le clergé et la monarchie lors de la réception de la constitution de Clément XI ; puis d'aborder les conséquences pastorales de l'Unigenitus dans les diocèses et dans les ouvrages forgés par les curies épiscopales, des bréviaires aux missels en passant par les catéchismes."

Rome a peut-être parlé mais la Bulle n'a rien résolu...

En voilà assez sur le jansénisme, passons à l'Antiquité tardive, chère à Henri-Irénée Marrou. Philippe Henne vient de publier un ouvrage sur le soldat chrétien, Servir Dieu dans l'armée. Mourir pour le Christ ou l'empereur (Le Cerf, 2017). Un chrétien peut-il être soldat? Une réponse parmi tant d'autres chez saint Augustin:

" lorsqu'en obéissant à une autorité ou à une autre sous laquelle il a été légitimement incorporé ... un soldat tue un homme, aucune loi de sa cité n'en fait un coupable d'homicide; bien au contraire, s'il ne l'avait fait, il serait coupable d'avoir déserté ou bafoué le pouvoir (Cité de Dieu, I, 26)".

L'occasion pour moi de vous rappeler qu'un volume de la collection les Pères dans la foi (Migne, n°101) est intitulé Paix et guerre selon saint Augustin (2010); un anthologie passionnante de celui qui a défini la paix comme "tranquillité de l'ordre".

Antiquité tardive encore avec l'ouvrage de Marie-Françoise Baslez, Les premiers bâtisseurs de L'Eglise. Correspondances épiscopales IIe-IIIe siècles (Fayard, 2016). Les évêques des premiers siècles ont su structurer l'Eglise, lui donner une unité malgré sa diversité, construire une communion par la communication et l'échange épistolaire.


Paru également en 2017 un ouvrage de Françoise Hildesheimer, Rendez à César. L'Eglise et le pouvoir IVe-XVIIIe siècle (Flammarion). L'auteur est spécialiste de l'Ancien Régime, elle a fait paraître un Richelieu qui renouvelait les perspectives. Elle expose ici ce qui fut "l'alliance du trône et de l'autel", autrement dit la solution gallicane au traditionnel affrontement des deux pouvoirs. Un ouvrage intelligent qui invite à la lecture de dizaines d'autres...

Enfin, plus près de nous, deux ouvrages sur la Vendée; le premier, Les Guerres de Vendée pour les nuls, de Michel Chamard, chargé de cours à l'ICES. Il dirige depuis 2011 le Centre vendéen de recherches historiques. Le second est un très bel album, La grande histoire des guerres de Vendée de Patrick Buisson, avec une préface de Philippe de Villiers (Perrin). Une bonne idée de cadeau...

Bonne lecture à tous.

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