Texte
publié avec l'aimable autorisation de Monsieur l'abbé Christian
LAFFARGUE
« Dans une culture toujours plus sensible à la communication
par les signes et par l’image, le prêtre réservera une attention
adéquate à tout ce qui peut rehausser la dignité et
le caractère sacré de la célébration eucharistique.
Il est important, dans cette célébration, de soigner
spécialement la conformité et la propreté du lieu,
l’architecture de l’autel et du tabernacle (Vatican II, sacrosanctum concilium
n°128) , la noblesse des vases sacrés et des ornements (n°122-124),
du chant (112,114,116), de la musique (120), le silence sacré (30),
etc… Tous ces éléments peuvent contribuer à une meilleure
participation au Sacrifice eucharistique. »
« Il est souhaitable que les prêtres chargés
de guider des communautés consacrent (…) plus d’attentions et d’honneur
au Saint Sacrement de l’autel, également en dehors de la Messe,
qu’à n’importe quel autre rite ou geste. »
(Directoire pour le ministère et la vie des prêtres,
congrég. pour le clergé, Jeudi-saint 1994, n°49 et 50)
« Devant le Saint-Sacrement, qu’il soit dans le tabernacle ou
exposé publiquement, on conservera la coutume vénérable
de faire la génuflexion en signe d’adoration.
Il faut donner une âme à ce geste. Afin que le cœur s’incline
avec un profond respect devant Dieu, la génuflexion ne sera faite
ni d’une manière empressée ni d’une manière distraite.
Si quelque chose a été introduit en contradiction avec
les dispositions ci-dessus , on doit le corriger. »
(Instruction inaestimabile donum du 3 avril 1980 ; congrég.
pour les sacrements et le culte divin, n°26-27)
Dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique :
« Dans le très saint sacrement de l’Eucharistie sont contenus
vraiment, réellement et substantiellement le corps et le sang, l’âme
et la divinité de N.S. Jésus-Christ « (n°1374).
« Dans la liturgie de la Messe , nous exprimons notre foi en
la présence réelle du Christ en fléchissant les genoux
ou en nous inclinant profondément en signe d’adoration du Seigneur
» (n°1378)
Après la publication de la nouvelle Présentation générale
du Missel romain promulguée par le Pape Jean-Paul II le Jeudi-saint
2000, des questions ont été posées à la Congrégation
pour le Culte divin et la discipline des sacrements au sujet de l’agenouillement.
La Congrégation a répondu (le 7 novembre 2000, réf.
Prot. n. 2372/00/L) que
-« le n°43 de l’Institutio generalis Missalis Romani n’a
pas l’intention d’interdire aux fidèles de se mettre à genoux
durant n’importe quelle partie de la Messe (et pas seulement pendant la
Consécration) , après l’Agnus Dei et la réception
de la sainte Communion. » (1)
-« les nn. 160-162, 244 et autres n’entendent pas que les fidèles
ne pourront plus faire de génuflexion ou s’incliner comme
signe de révérence face au Saint-Sacrement immédiatement
avant qu’ils ne reçoivent la sainte Communion. » (2)
in mensuel « La Nef » n°111, déc. 2000, p.9
Dans son dernier livre « L’Esprit de la liturgie » du Cardinal
Joseph Ratzinger (ad solem, éd.,2001) écrit ceci sur l’agenouillement
:
« Le geste du corps est en lui-même porteur d’un sens spirituel
– celui de l’adoration- sans laquelle l’attitude physique resterait
sans signification. L’acte spirituel, de par son essence, de par l’unité
corps-âme de l’homme, doit nécessairement s’exprimer dans
le corps.
Il se peut bien que l’agenouillement soit étranger à
la culture moderne, pour la bonne raison que c’est une culture qui s’est
éloignée de la foi et ne connaît plus celui devant
lequel l’agenouillement est le geste juste, et même intrinsèquement
nécessaire.
Qui apprend à croire, apprend aussi à s’agenouiller,
et une foi ou une liturgie qui ne connaitrait plus l’agenouillement serait
malade dans son centre.
Partout où il a été perdu, l’agenouillement doit
être réappris afin que, par notre prière, nous restions
dans la communauté des apôtres et des martyrs, dans la communauté
du cosmos tout entier, en union avec Jésus-Christ. »
Abbé Christian Laffargue
Oct. 2001