C'est surtout dans cette dernière intention que l'Eglise
nous demande le jeûne du carême. Le jeûne est
alors ici commandé par la vertu de pénitence,
vertu nécessaire selon l'opinion commune des théologiens
et la
pratique de l'Eglise, dans notre condition présente de pécheurs,
pour obtenir la rémission de nos fautes, et
donc, le salut. Le jeûne se situe alors dans l'ordre des
moyens, en vue d'une plus grande sainteté, et ne saurait
constituer une fin en soi : le Christ a souvent remis à leur
place les pharisiens qui faisaient du jeûne un signe
ostentatoire d'une sainteté qui se voudrait trop légale
! " Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air sombre,
comme font les hypocrites qui exténuent leurs visages
pour faire voir aux hommes qu'ils jeûnent. En vérité
je
vous le dis, ils ont reçu leur récompense. Pour
toi, quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, afin
qu'il ne
paraisse pas aux regards des hommes que tu jeûnes, mais
à ton Père qui est présent dans le secret ; et ton
Père
céleste qui voit dans le secret te le rendra "
( Mt VI ; 16 ) Le jeûne regarde d'abord notre vie spirituelle et
notre
intimité avec le bon Dieu. Il nous permet ainsi de nous purifier,
nous laissant plus libre d'aller vers Celui qui est
source de toute sainteté. On comprend dès lors qu'il
doive s'accompagner d'une certaine modestie et humilité :
Si le jeûne devait être pour nous une occasion d'autosatisfaction
et d'orgueil ( et la tentation est souvent là ! ), il
manquerait finalement son objectif et serait donc vain !
Actuellement, l'Eglise ne nous ordonne de jeûner 2 fois l'an,
ce qui, reconnaissons le, est fort peu ! Le
mercredi des cendres et le vendredi saint. ( Cf CIC, can 1251
) Le droit précise que " sont liés par la loi du jeûne
tous les fidèles majeurs ( à partir de 18 ans ) jusqu'à
la soixantième année commencée."
Quant à l'abstinence, elle prohibe
la consommation de viande. Les conférences épiscopales peuvent
toutefois en changer la matière. Actuellement, l'abstinence
est demandée par l'Eglise, chaque vendredi de
l'année ( sauf si une fête vient à tomber
un vendredi ). La loi de l'abstinence concerne les fidèles à
partir de l'âge
de 14 ans. En France, il est possible de commuer l'abstinence du vendredi
( sauf en carême où elle demeure
obligatoire ) par une autre pénitence laissée à
la discrétion de chacun.
Rappelons toutefois la norme qui doit présider à l'esprit
du jeûne et de l'abstinence :
can 1249 : "Tous les fidèles sont tenus par la loi divine
de faire pénitence chacun à sa façon ; mais pour que
tous soient unis en quelque observance commune de la pénitence,
sont prescrits des jours de pénitence durant
lesquels les fidèles s'adonneront d'une manière spéciale
à la prière et pratiqueront des oeuvres de piété
et de
chartité, se renonceront à eux même en remplissant
plus fidèlement leurs obligations propres, et surtout en
observant le jeûne et l'abstinence selon les canons suivants
( que l'on vient de rappeler )."
Concrètement, les jours de jeûne, il est permis de faire
un repas dans la journée, en ayant soin de garder une certaine sobriété.
Un petit déjeuner frugal et une collation ( soupe...) sont autorisés
en outre.
Abbé Laurent DEMETS, Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre